Alors que des chatbots se préparent à autoriser des échanges plus explicites, une nouvelle enquête Ifop pour Gleeden dresse un premier état des lieux de l’« IA intime » en France. Elle montre que ces pratiques restent marginales mais révèlent des risques de dépendance et des différences générationnelles.
L’Observatoire Gleeden des usages sexuels de l’IA a été mené en novembre 2025 auprès de 2?603 Français adultes, alors que des plateformes d’IA comme ChatGPT ou Grok testent des modes de conversations plus permissifs. Le rapport, publié le 22 janvier 2026, montre que ces usages existent déjà : plus de la moitié des personnes ayant un jour utilisé un chatbot d’accompagnement (53 %) disent avoir ressenti une dépendance à ces échanges. Les conversations érotiques ou pornographiques sont jugées addictives par 38 % de ceux qui en ont fait l’expérience, notamment les hommes de moins de 35 ans. Près d’un utilisateur sur deux avoue même avoir préféré une masturbation virtuelle à une relation sexuelle avec son partenaire.
Pour l’instant, ces pratiques restent minoritaires : seulement 8 % des Français interrogés ont déjà conversé de manière érotique avec une IA et 6 % ont vécu une interaction romantique avec un chatbot. Elles sont toutefois bien plus répandues chez les jeunes hommes, dont près d’un sur cinq (19 % à 21 %) déclare avoir déjà tenté l’expérience. Dans la plupart des cas, les utilisateurs cherchent davantage qu’un nouveau support masturbatoire : l’enquête montre que l’intelligence artificielle est utilisée par de nombreux jeunes pour séduire (39 %), pour gérer une relation (44 %) ou pour obtenir des conseils en matière de sexualité ou d’éducation sexuelle (39 %).
Les auteurs soulignent qu’au?delà de ces usages émergents, le potentiel de développement est élevé. Quatre Français sur dix se déclarent prêts à utiliser l’IA pour la séduction, plus d’un tiers pour des conseils sexo et près de la moitié pour gérer leurs relations. Ce potentiel est encore plus marqué chez les moins de 30 ans (67 % pour la séduction et 58 % pour les conseils sexo). Toutefois, l’étude met en garde contre les risques d’addiction et les tensions que ces pratiques peuvent entraîner au sein des couples. Les experts y voient déjà une transformation profonde de l’intimité par le numérique : l’IA devient à la fois un outil d’exploration sexuelle, un soutien affectif et un objet de controverse sociale.
**Sources :** Observatoire Gleeden des usages sexuels de l’IA – Ifop, 22 janvier 2026.
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